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Chroniques ordinaires

Des chroniques pour dire notre vie quotidienne avec ses petites et grandes aventures, drôles, tendres et même absurdes parfois.

2. Chemin faisant

Sous ma fenêtre est un chemin. Situé sur un parcours didactique, il voit défiler familles, couples, randonneurs expérimentés ou flâneurs du dimanche. J’aime à les regarder. En fonction du sens de leur parcours, leur pas change.

Lorsque ils montent et se concentrent pour affronter la forte déclivité, ils zigzaguent pour de l’ascension diminuer la pénibilité, souffle court souvent, effort soutenu, regard vers le haut pour mesurer la distance encore à parcourir. Dans ce pas lent qu’impose la pente, il y a déjà le goût de la victoire d’avoir presque vaincu la montée. Parfois, ils marquent un arrêt. Parfois, ils se retournent et regardent vers la plaine. La vue leur redonne énergie et courage pour repartir, ils savent soudain de nouveau pourquoi ils s’imposent cette grimpée frénétique.

Et il y a ceux qui descendent. Démarche éthérée, sourire aux lèvres, corps qui se laissent porter par la gravité. Les membres se délient dans un mouvement saccadé de grandes enjambées. Les enfants courent sous les cris des parents craignant la chute accélérée par leur propre poids qui les entraînerait en rouler-bouler genoux écorchés voire plus si affinité. Ces marcheurs-là ont déjà fait l’effort, ils profitent de la rémission, se laissant couler le long du contrefort. Leurs voix rient, discutent, s’exclament et s’esclaffent. Légèreté du mouvement et du ton. À la mauvaise saison, l’exercice prend des couleurs d’équilibrisme. Choix de la neige des côtés ou de la route traître verglacée. Alors, ils se tiennent par la main, s’entraident, s’accrochent aux branches des haies, sur quelques mètres glissent, petites figures mal assurées dans un hiver indompté.

De ma fenêtre je les regarde, je les admire, je suppose leurs vies et les raisons de leur balade. Je vagabonde avec eux jusqu’au contour qui me les fait perdre des yeux, jusqu’aux prochains qui, d’un pas indolent ou vigoureux, viendront, pour un instant, habiller mon chemin.

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Renny 21/01/2017 09:07

le cortège monte ou descend... Mais nous pouvons le suivre et transpirer avec lui... Merci à toi

Abigail 21/01/2017 22:55

Merci Renny...