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Chroniques ordinaires

Des chroniques pour dire notre vie quotidienne avec ses petites et grandes aventures, drôles, tendres et même absurdes parfois.

12. Le petit dernier

On a l'impression que l'on va s'habituer. Et puis non. Quand le carton s'entrouvre, quand les doigts frôlent la couverture, quand on fait défiler les pages et que les mots sont connus, que les noms, les lieux, les personnages nous parlent, quand on retourne le livre, le soupèse, le triture, le regarde et l'admire pour la première fois, il y a ce frisson puissant, sentiment d'arrivée au port avec départ immédiat.

On sait à ce moment-là que tout ce travail préparatoire, l'idée, l'histoire, la trame, l'écriture, les corrections, l'édition, la mise en place de la promotion, ce qui nous semblait le corps même de cette activité d'écrire n'est que le début. Le commencement du lien, détaché de ses personnages, se nouant (on l'espère très fort) avec les lecteurs. On sait déjà qu'on aura peur pour eux (ou serait-ce pour nous?), qu'ils ne soient pas compris, aimés, voire rejetés. On sait qu'on ne peut plus rien, qu'ils vont devoir avancer seuls, sous nos encouragements mais sans guide, sans que l'on ne puisse plus leur rajouter quelques adjectifs ou virgules enjoliveuses.

Alors, on le regarde ce livre, celui semblable à d'autres dans son carton et, pour la première fois, on le tend à d'autres mains. On en signe une première page, un peu nerveuse, voire malhabile, maculant cette terre neuve qui nous est pourtant si familière. Et lorsque de nos paumes il se détache pour d'autres destinées, on est fière, heureuse et triste de ce chemin ensemble parcouru.

 

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