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Chroniques ordinaires

Des chroniques pour dire notre vie quotidienne avec ses petites et grandes aventures, drôles, tendres et même absurdes parfois.

18. ô rage

J’ai toujours aimé les pluies d’été. D’abord, la chaleur lutte contre cette eau en excès. Elle fait émaner les odeurs de la terre que le soleil a trop nourrie.

Quand j’habitais près du Léman, nous nous installions sur le balcon avec mon petit bonhomme pour admirer les déferlantes zébrées qui lacéraient le ciel du haut-Lac à Genève, regardant l’horizon se fermer, nous cacher l’étranger, attendant que le bruit étourdissant des gouttes en tintamarre se déversent sur le toit. Nous comptions le temps entre l’éclair et le tonnerre pour savoir combien de kilomètres nous séparaient de la furie venant. Nous contemplions le tournoiement  des oiseaux pris dans le vent annonciateur du déferlement.

Je me souviens, enfant, d’une course effrénée pour rentrer, pieds dénudés au milieu de la route afin d'éviter les arbres comme on me l’avait appris, vêtements vissés au corps, cheveux dégoulinants dans le cou. Vivante, sensation de puissance liée aux éléments déchainés reprenant leurs droits sur nos activités légères d’été.

J’aime ce soulagement que l’orage apporte et peu à peu sa fraîcheur qui séduit. Puis, quand il s'éteint, après le bruit et les fureurs, vient ce calme absolu : les oiseaux recommencent à chanter et sur la peau un frisson, qu’un doux orage d’été en partant a laissé.

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